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PRÉFACE.

par les doigts disparus du diamètre, la portion de surface qui est obscurcie dans une éclipse partielle. Enfin il évalue l’angle formé par l’écliptique et le grand cercle qui passe par les centres des deux astres ou par celui de la lune et de l’ombre. Il détermine les directions des parties du disque qui sont éclipsées, et il assigne les points de l’horizon vers lesquels elles tendent.

Le septième livre a pour objet les étoiles. Ptolémée prouve d’abord qu’elles conservent toujours leurs mêmes positions relatives entr’elles, et ensuite que toutes ensemble ont un mouvement commun qui les emporte d’occident en orient selon la suite des signes. La première de ces deux vérités se trouve dans les alignemens qui sont encore exactement tels qu’Hipparque les avoit décrits entre les étoiles, et tels que Ptolémée les a reconnus et rapportés d’après lui ; et la seconde, par les lieux des éclipses de lune qu’Hipparque avoit remarqués. Car l’épi observé auparavant par Timocharis à 8 degrés à l’occident du point équinoxial, n’en étoit plus qu’à 6 degrés, du temps d’Hipparque, au bout d’environ 200 ans. Ce fait et le précédent que Ptolémée a vérifiés par la comparaison de ses propres observations avec celles d’Hipparque, lui donnent lieu de conclure que les fixes avancent d’un degré en cent ans, vers l’orient, sans changer de latitude, et qu’ainsi la sphère étoilée tourne autour des poles de l’écliptique d’occident en orient. « Le mouvement des étoiles en longitude, qu’Hipparque avoit découvert, dit l’Essai sur l’Histoire des Mathématiques, fut adopté et confirmé par Ptolémée qui crut seulement devoir y faire une petite diminution. Selon Hipparque, ce mouvement, par suite de la rétrogradation des points équinoxiaux, étoit de 2 degrés en cent cinquante ans, ou de 48″ de degrés en un an ; ce qui est un peu trop foible. Ptolémée réduisit ce mouvement à 1 degré en cent ans, ou à 36″ en un an : ce qui s’écarte encore davantage de la vérité. Cette erreur introduisit une augmentation sensible dans la durée de l’année que Ptolémée trouva par la comparaison des observations de son temps avec celles d’Hipparque, il la fit de 365 jours 5 heures 55′ ; durée trop longue de plus de 6′ ». Un catalogue des étoiles fixes, avec leurs positions respectives en longitude et en latitude, termine ce livre et commence le huitième : interruption qui n’est pas naturelle, et qui me paroît venir de ce que les anciens, qui écrivoient sur des rouleaux déployés, voyant que les étoiles de l’hémisphère boréal se terminoient avec le rouleau qui les contenoit, auront transporté au septième livre les étoiles de l’hémisphère austral, pour lui donner à peu près la grosseur de chacun des autres livres ; et les copistes ensuite, puis les imprimeurs, ont suivi aveuglément cette disposition. Quoiqu’il en soit, ce catalogue a excité de grands démêlé parmi les astronomes. Les uns, au nombre desquels est Flamsteed, ont prétendu que c’étoit celui même qu’Hipparque avoit dressé 165 ans avant Ptolémée, et que Ptolémée n’y ayant rien changé, les étoiles, en vertu de la précession des équinoxes, devoient être plus avancées vers l’orient qu’elles ne sont marquées par Ptolémée.

« Du temps d’Hipparque, dit Vince[1], environ 120 ans av. J.-C., il parut une nouvelle étoile à l’occasion de laquelle il se mit à compter les autres, et à les rassembler toutes

  1. Elem. of Astron. Voy. aussi Cassini et les autres astronomes.