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MÉLANGES

Au-dessous de l’Obéissance, la Rébellion[1], un homme claquant du doigt devant son évêque (« comme Henri VIII devant le Pape et les badauds anglais et français devant tous les prêtres quels qu’ils soient »).

Sous saint Simon, la Persévérance caresse un lion et tient sa couronne. « Tiens ferme ce que tu as afin qu’aucun homme ne prenne ta couronne. » Au-dessous, l’Athéisme laisse ses souliers à la porte de l’église. « L’infidèle insensé est toujours représenté, aux XIe et XIIIe siècles, nu-pieds, le Christ ayant ses pieds enveloppés avec la préparation de l’Evangile de la Paix. « Combien sont beaux tes pieds dans tes souliers, ô fille de Prince ![2] »


Au-dessous de saint Paul est la Foi. Au-dessous de la Foi est l’Idolâtrie adorant un monstre. Au-dessous de saint Jacques l’évêque est l’Espérance qui tient un étendard avec une croix. Au-dessous de l’Espérance, le Désespoir, qui se poignarde.


Sous saint Philippe est la Charité qui donne son manteau à un mendiant nu[3].

  1. Cf. Emile Mâle, l’Art religieux au XVIIIe siècle : « La rébellion n’apparaît au moyen âge que sous un seul aspect, la désobéissance à l’Eglise. La rose de Notre-Dame de Paris (ces petites scènes sont presque identiques à Paris, Chartres, Amiens et Reims) offre ce curieux détail : l’homme qui se révolte contre l’évêque porte le bonnet conique des Juifs. Le Juif, qui depuis tant de siècles refusait d’entendre la parole de l’Eglise, semble être le symbole même de la révolte et de l’obstination.
  2. Cantiques des Cantiques, VII, 1. La citation précédente se rapporte à Ephésieus, VI, 15.
  3. Dans la Bible d’Amiens, Ruskin dit : « Dans ces temps-là on ne disait aucune bêtise sur les fâcheuses conséquences d’une
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