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— Mais, mon petit, il n’y a rien à dire d’autre que ce que tu viens de dire.

— Tu es assommant. Alors raconte les choses de Françoise aux Champs-Élysées, cela lui plaira tant !

— Oh oui ! Bobbey m’a tant parlé de Françoise. Et en prenant Saint-Loup par le menton, elle redit, par manque d’invention, en attirant ce menton vers la lumière : « Bonjour, vous ! »

Depuis que les acteurs n’étaient plus exclusivement, pour moi, les dépositaires, en leur diction et leur jeu, d’une vérité artistique, ils m’intéressaient en eux-mêmes ; je m’amusais, croyant avoir devant moi les personnages d’un vieux roman comique, de voir du visage nouveau d’un jeune seigneur qui venait d’entrer dans la salle, l’ingénue écouter distraitement la déclaration que lui faisait le jeune premier dans la pièce, tandis que celui-ci, dans le feu roulant de sa tirade amoureuse, n’en dirigeait pas moins une œillade enflammée vers une vieille dame assise dans une loge voisine, et dont les magnifiques perles l’avaient frappé ; et ainsi, surtout grâce aux renseignements que Saint-Loup me donnait sur la vie privée des artistes, je voyais une autre pièce, muette et expressive, se jouer sous la pièce parlée, laquelle d’ailleurs, quoique médiocre, m’intéressait ; car j’y sentais germer et s’épanouir pour une heure, à la lumière de la rampe, faites de l’agglutinement sur le visage d’un acteur d’un autre visage de fard et de carton, sur son âme personnelle des paroles d’un rôle.

Ces individualités éphémères et vivaces que sont les personnages d’une pièce séduisante aussi, qu’on aime, qu’on admire, qu’on plaint, qu’on voudrait retrouver encore, une fois qu’on a quitté le théâtre, mais qui déjà se sont désagrégées en un comédien qui n’a plus la condition qu’il avait dans la pièce, en un texte qui ne montre plus le visage du comédien, en une poudre colorée qu’efface le mouchoir, qui sont