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expressifs inventés par des musiciens de génie et qui peignent splendidement le scintillement de la flamme, le bruissement du fleuve et la paix de la campagne, pour les auditeurs qui, en parcourant préalablement le livret, ont aiguillé leur imagination dans la bonne voie. La « race », en ajoutant aux charmes de Mlle de Stermaria l’idée de leur cause, les rendait plus intelligibles, plus complets. Elle les faisait aussi plus désirables, annonçant qu’ils étaient peu accessibles, comme un prix élevé ajoute à la valeur d’un objet qui nous a plu. Et la tige héréditaire donnait à ce teint composé de sucs choisis la saveur d’un fruit exotique ou d’un cru célèbre.

Or, un hasard mit tout d’un coup entre nos mains le moyen de nous donner à ma grand’mère et à moi, pour tous les habitants de l’hôtel, un prestige immédiat. En effet, dès ce premier jour, au moment où la vieille dame descendait de chez elle, exerçant, grâce au valet de pied qui la précédait, à la femme de chambre qui courait derrière avec un livre et une couverture oubliés, une action sur les âmes, et excitant chez tous une curiosité et un respect auxquels il fut visible qu’échappait moins que personne M. de Stermaria, le directeur se pencha vers ma grand’mère, et par amabilité (comme on montre le Shah de Perse ou la Reine Ranavalo à un spectateur obscur qui ne peut évidemment avoir aucune relation avec le puissant souverain, mais peut trouver intéressant de l’avoir vu à quelques pas), il lui coula dans l’oreille : « La Marquise de Villeparisis », cependant qu’au même moment cette dame apercevant ma grand’mère ne pouvait retenir un regard de joyeuse surprise.

On peut penser que l’apparition soudaine, sous les traits d’une petite vieille, de la plus puissante des fées ne m’aurait pas causé plus de plaisir, dénué comme j’étais de tout recours pour m’approcher de Mlle de Stermaria, dans un pays où je ne connaissais