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DEUXIÈME PARTIE.


MATIÈRE DE LA SPÉCULATION.




Nous avons exposé dans notre première partie la cause, l’objet, la police, les voies et moyens, les abus, délits et crimes de la spéculation boursière. Il nous reste à en faire connaître la matière.

Nous ne nous occuperons ici que des effets publics et privés dont le cours est coté au bulletin de la Bourse.

Les marchandises se pèsent ou se mesurent, et se vendent au prix de… pour une quantité de… Elles portent leur valeur et leur gage en elles-mêmes. Il n’en est pas ainsi des titres. La mesure de leur valeur, c’est le tant pour cent qu’ils rapportent ; leur gage, c’est la nature et les chances de succès de l’entreprise.

L’origine des effets négociables, les exploitations qui leur servent de base, leurs fluctuations, voilà ce qu’il nous reste à dire pour compléter notre cadre.

Afin de mettre un peu d’ordre dans cette revue, nous la diviserons en trois sections, correspondant à trois séries de titres bien distincts.

La première section comprendra les rentes et obligations de l’État et des municipalités, c’est-à-dire la dette publique, ayant pour hypothèque les revenus de l’impôt général et municipal.

Dans la seconde, nous traiterons des actions et obligations des compagnies industrielles, dont la garantie repose sur le succès de l’entreprise.

Enfin, dans la troisième, nous dirons un mot des fonds étrangers, qui sont matière de spéculations à la Bourse de Paris.