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veut dire que 100 fr. payables à Bordeaux coûtent 99 fr. 4/5 à Z.

Les opérations de change supposent chez ceux qui s’y livrent, non comme intermédiaires, mais comme négociants, une connaissance étendue des relations commerciales entre les divers marchés du globe, puisque l’abondance ou la rareté du papier sur ces marchés en détermine le cours. Les banquiers sont mieux en position que personne, par la multitude de leurs relations, de connaître les besoins et les ressources de chaque place.

Le change suppose aussi la connaissance des monnaies étrangères et de leurs valeurs respectives au pair ; sans quoi il serait impossible de savoir si le change est favorable ou non sur telle ville. Par exemple, cette formule, Naples 4 20, signifie qu’un ducat de Naples vaut en France 4 fr. 20 c. ; mais laquelle des deux monnaies perd au change ? il faut pour cela connaître la valeur au pair du ducat napolitain : elle est de 4 fr. 40 c.

La formule employée entre les villes qui se servent d’une même monnaie, x 0/0 de perte, est infiniment plus simple. Qu’en faut-il conclure ? — Que l’unité monétaire, appliquée à toutes les nations civilisées, de même que l’unité de poids et de mesures, simplifierait de 90 0/0 les relations commerciales, et supprimerait une foule de fonctions vivant aux dépens de la production, de l’imbroglio et des complications de comptes.

— À quand cette réforme ?

— Bah ! les questions de concert et d’équilibre sont bien autrement importantes.




CHAPITRE VII.


Que le régime actuel de la Bourse et du Crédit public
est la condamnation du système économique.


Notre dessein n’est pas de faire ici la satire de toute une époque, de toute une société. Nous manquerions d’ailleurs à