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de la Fable, les formes les plus diverses. À chaque instant, on en invente de nouvelles. Ce qui les caractérise en général, c’est que, bien qu’elles puissent servir, par exception, à des opérations sérieuses, elles n’ont habituellement d’autre motif que le jeu, et qu’elles tombent en dehors de la spéculation productive, et sous le coup des interdictions de la loi. Mais la loi, le joueur de Bourse la défie : que ne donnerait-il pas pour pouvoir défier aussi bien la fortune !…



ARITHMÉTIQUE SPÉCULATIVE.


Il ne sera pas sans doute inutile de terminer ce chapitre par un résumé des règles d’arithmétique nécessaires à la solution des problèmes dont se sert la spéculation.

Nous ne nous arrêterons certes pas à celui-ci : Combien coûtent 25 actions à 750 fr. ? Mais plus d’un lecteur tâtonnerait peut-être pour résoudre cet autre un peu moins simple : Combien coûtent 2,250 fr. de rente 4 ½ à 90 ? — 90 n’est pas le prix de 1 fr. de rente, mais le prix de 4 fr. 50. Donc il faut chercher combien de fois 2,250 contient 4 fr. 50. — Réponse : 500 fois. — C’est par 500 qu’il faut multiplier 90. — Produit : 45,000 fr.

Combien coûtent 3,000 fr. de rente 3 0/0 à 67 ?

Réponse : 67 ou 67 1,000 = 67,000 fr.

Presque tous les calculs dont on a besoin à la Bourse se résolvent par la règle de trois. Le point capital est de savoir poser la proportion. Nous allons en résumer les principes.

L’un des termes est toujours : Un capital C est à un capital c ; l’autre : Un intérêt I est à un intérêt i. — C doit correspondre à I, et c à i.

Exemples :
C : c : : I : i
c : C : : i : I
I : i : : C : c

L’usage est de placer l’inconnue au dernier terme. Soit C l’inconnue : c sera le troisième terme, I le second, et i le premier :

Appliquons cette théorie à nos calculs.