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dont 50, on en revend le double à prime dont 1. Si les titres ne sont point levés, le spéculateur gagne quatre fois la prime d’achat.


3° Arbitrages sur effets publics.


C’est une opération qui consiste à échanger une valeur contre une autre, du 4 ½ contre du 3 par exemple, afin de bénéficier de la différence. Elle repose sur ce fait que les diverses espèces de fonds ne sont pas toujours au même taux ; ainsi le 3 0/0, sur lequel se porte de préférence la spéculation, est plus cher que le 4 et le 4 ½. Il est à 67 quand le 4 ½ est à 90 ; pour que les deux rentes fussent au même taux, il faudrait que le 4 ½ valût 100 50 quand le 3 coûte 67.

Exemple d’une opération d’arbitrage. — Je suis possesseur de 1.500 fr. de rente 3 0/0. Le 3 monte à 85, tandis que le 4 ½ reste à 105. Je vends à 85 et je réalise en capital 42,500 fr. Avec cette somme je rachète en 4 ½, à 105, 1,818 fr. de rente au prix de 42,420 fr. Si je borne là mon opération, ma rente s’est accrue de 318 fr., et il me reste 80 fr. sur mon capital.

Mais si j’ai voulu faire une spéculation, j’ai été conduit à changer mon placement dans l’espoir de voir monter le 4 ½ et baisser le 3 ; je ne suis donc qu’à moitié de la besogne. Supposons que ma prévision se réalise : le 4 ½ est à 107 et le 3 à 80, je vends à 107 mes 1,818 fr. 4 ½


Soit
43.228 fr.
Je rachète à 80 1,500 fr. de 3 0/0, ci
40.000   

   Différence à mon profit
3.228   
   Plus les 80 fr. de la première opération
80   

       Bénéfice total
3.308   

Ainsi je me trouve, comme auparavant, possesseur de 1,500 fr. de rente 3 0/0, et j’ai gagné 3,308 fr.


4° Moyens de bonifier les fausses spéculations.


Nous avons déjà indiqué comment au moyen des reports