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Nous avons supposé le second achat plus cher que le premier : l’inverse pouvait avoir lieu ; le bénéfice était alors augmenté d’autant.

2° Si les titres ne sont pas levés :

Je puis me trouver vendeur non-seulement de 25 actions, mais de 50 ; car j’ai dû me mettre en mesure en prévision de la livraison. J’ai vendu à mes risques et périls, à 2,695 supposons, soit en capital 134,750 fr.

Je dois payer        135,050
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Déficit   300

Mais la prime de 500 fr. me reste, et je me trouve en fin de compte avoir gagné 200 fr.

Les chances favorables d’un marché de ce genre sont donc subordonnées aux deux conditions essentielles dont nous avons parlé, savoir : oscillations perpétuelles dans la cote et variations peu considérables. Des joueurs consommés peuvent seuls prévoir ces accidents.

Si les variations sont considérables :

J’achète 10 x à prime.

Je revends ferme de suite 5 x ; je suis en perte, puisque la vente ferme est moins chère que celle à prime.

J’attends pour vendre les 5 x restant que la hausse soit revenue au point de couvrir mon déficit et de me donner du gain. Dans ce cas, l’opération se termine là.

Si la baisse vient au-dessous du taux auquel j’ai vendu les 5 x, j’annule, par l’abandon de la prime, mon premier achat de 10 x, qui me coûte plus cher que je n’ai vendu, et je rachète en baisse les 5 x que j’ai à livrer.


2° Opérations de primes contre primes.


Elles ont l’avantage de limiter les pertes ; en revanche elles offrent peu de bénéfices. Elles reposent sur ce fait, que plus la prime est forte, moins le prix est élevé. Ainsi la prime dont 1 fr. est moins chère que la prime dont 50 centimes. — Ces sortes d’affaires exigent une grande habitude de la Bourse et ne sont pas bonnes pour les débutants.