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Malheureusement, ainsi que nous l’avons démontré dans l’Introduction, empêcher les marchés à terme, ce ne serait rien de moins qu’empêcher le commerce, la circulation des capitaux et des produits ; de même que vouloir empêcher l’abus de la propriété, ce serait supprimer la propriété elle-même. Pour atteindre l’abus sans compromettre l’institution, il faut un système de moyens qui impliquent toute une révolution de l’économie sociale. Nous voulons dire par là, non pas une révolution des lois de l’économie, qui sont éternelles ; mais une révolution dans la manière dont ces lois sont aujourd’hui entendues et appliquées : ce qui, pour l’effet à obtenir, reviendrait à peu près au même. Depuis le 2 décembre, la société française s’est prononcée contre la Révolution. L’Empire, institué pour la protection des intérêts, n’oserait revenir aux Principes, à moins que, plus hardi que le gouvernement provisoire, plus révolutionnaire que la démocratie de 1848, reprenant résolument la tradition de Louis XI, de Richelieu, de Colbert, de Turgot, il n’embrassât hautement le parti du travail, du talent et de la science, le parti de la Production enfin, contre celui de la bourgeoisie parasite, de la spéculation agioteuse et du privilége.


§ 4. liquidations.


Les négociations à terme ont une échéance déterminée. À part quelques affaires sur promesses d’actions qui se règlent à l’émission, c’est-à-dire au jour où les actions sont cotées au parquet, l’échéance est de plein droit à la fin du mois pour la rente, le 15 et le dernier du mois pour les chemins de fer. Chaque joueur, à cette époque, liquide en effet sa position avant de s’engager dans de nouvelles opérations. Les acheteurs de ferme prennent livraison, reçoivent ou soldent leurs différences ; les acheteurs à primes donnent leur réponse, c’est-à-dire déclarent s’ils abandonnent la prime ou maintiennent leur marché.

Les liquidations sont aussi le moment des exécutions. Quand un acheteur n’est pas en mesure de tenir ses engagements, le vendeur a le droit de négocier les titres qui lui