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n’est rien de plus ridicule que de philosopher sur des lois rendues sans aucune connaissance pratique des affaires, et toujours à rebours de l’utilité publique.


1. DES DIFFÉRENTES SORTES DE MARCHÉS.


Les opérations de la spéculation, c’est-à-dire qui ont pour objet le mouvement des capitaux, sont celles qui attirent surtout l’attention publique et qui exercent la principale influence sur le cours des effets. Elles empruntent les formes et les combinaisons les plus diverses. Nous allons les passer successivement en revue, laissant désormais à la sagacité du lecteur le soin de distinguer ce qui est jeu ou pari d’avec ce qui est affaire et marché sérieux.


§ 1er. opérations au cours moyen.

Un peu avant l’ouverture de la Bourse, les agents de change, réunis dans leur cabinet, vendent et achètent, au cours moyen, des titres de rentes, des obligations ou des actions industrielles. Ces transactions ne sont pas considérées comme tombant sous l’application de la loi qui défend toute négociation en dehors du local et des heures déterminés, par la raison qu’elles se font sans stipulation de prix. En effet, c’est la cote rédigée après la tenue de la séance publique qui donnera le chiffre du marché. Par exemple, les actions de la Banque ont fait, au plus haut, 4,150 fr. ; au plus bas, 4,100 ; le cours moyen sera 4,125.

Les affaires au cours moyen se font presque toujours au comptant : cependant il s’en fait aussi quelques-unes à terme.


§ 2. négociations au comptant.

Nous n’avons rien à dire sur la forme de cette opération ; elle ne comporte aucun détail, puisqu’elle ne présente qu’une forme possible d’exécution : livraison des titres contre espèces.

Les effets transmissibles par voie d’endossement doivent être délivrés dans l’intervalle d’une Bourse à l’autre.