Page:Proudhon - Les Malthusiens, 1849.djvu/7

Cette page a été validée par deux contributeurs.


énergiquement signalé le mal, et cherché de bonne foi le remède, que la parole m’a été ôtée par ordre du gouvernement, du gouvernement qui représente la révolution !

C’est pour cela que j’ai vu passer sur moi, muet, le déluge des calomnies, des trahisons, des lâchetés, des hypocrisies, des outrages, des désertions et des défaillances de tous ceux qui haïssaient ou qui aimaient le peuple ! C’est pour cela que j’ai été, pendant un mois entier, livré aux chacals de la presse et aux chats-huants de la tribune ! Jamais homme, ni dans le passé, ni dans le présent, ne fut l’objet d’autant d’exécration que je le suis devenu, pour ce seul fait que je fais la guerre aux anthropophages.

Calomnier qui ne pouvait répondre, c’était fusiller un prisonnier. Carnassiers de Malthus, je vous reconnais là ! Poursuivez donc ; nous avons plus d’un compte à régler encore. Et si la calomnie ne vous suffit pas, employez le fer et le plomb. Vous pouvez me tuer : nul ne peut éviter son sort, et je suis à votre discrétion. Mais vous ne me vaincrez pas : vous ne persuaderez pas au Peuple, moi vivant, moi tenant une plume, que, hormis vous, il y ait quelqu’un de trop sur la terre. J’en fais le serment devant le Peuple et devant la République !


P.-J. PROUDHON.
Paris, 10 août 1848.

Paris. — Imprimerie de Boulé, rue Coq-Héron, 3.