Page:Proudhon - De la création de l’ordre dans l’humanité.djvu/392

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avoué. Pourquoi séparer d’abord pour réunir ensuite ?… Toutefois, là ne se trouve pas le mal. Les membres de la chambre élective, la plupart propriétaires et industriels, participent aussi, en leur qualilé de producteurs, au pouvoir exécutif, avec cette seule différence que l’action royale est officielle et centralisée, tandis que la leur ne l’est pas. Ce qu’il importe de déterminer, c’est la part qui doit revenir à chacun dans l’exécution. La solution de ce problème se trouve dans la division du travail : nous en avons exposé les règles et décrit le progrès dans l’Humanité. D’après ces règles et ce progrès, le devoir de l’autorité centrale est de procurer l’action publique : or, la royauté, constituée en système féodal, choisissant de l’exécution ce qui convient à ses vues, non-seulement procure l’action publique, pourvoit et surveille, mais encore elle administre, ordonne les dépenses, tient les fonds et nomme aux emplois : ce qui tend à changer la législation en arbitraire, par l’influence que le pouvoir royal, nommant aux emplois, ne peut manquer d’exercer sur la raison des députés. — Les députés ne délibèrent pas en présence du roi, par respect, dit-on, pour la liberté des votes : mais ils délibèrent en présence des ministres, ce qui revient tout à fait au même. Les ministres, du troupeau fidèles gardiens, observent de l’œil Robin-mouton. Aussi voyons-nous, malgré cette prétendue division de pouvoirs, le corps législatif toujours tenu en laisse par la cour : le vent des Tuileries fait virer à sa guise la girouette du Palais-Bourbon.


Caste de gouvernants, et peuple de gouvernés ;
Capitalistes payants, et travailleurs gagés (397) ;
Praticiens qui commandent, et prolétaires qui obéissent ;
Pouvoir législatif, et pouvoir exécutif ;


Divisions élémentaires, inorganiques et anormales, séries artificielles, transportées de la grammaire à la société.

575. S’il est une institution démocratique dans son principe et dans son essence, c’est sans contredit la commune. Or tout, dans la commune, est entaché de cumul, d’irresponsabilité et d’aristocratie.

Le maire est officier de l’état civil, officier de police judiciaire, et juge administratif : en synthétisant ces attributions, on trouve que dans sa commune le maire est despote. La première et la troisième de ces fonctions appartiennent au pouvoir arbitral, la seconde au pouvoir consulaire : ni l’une ni l’autre ne convient au chef du conseil municipal.

Je sais bien que dans une localité où, par le petit nombre des habitants, la division des pouvoirs est nécessairement restreinte,