Page:Proudhon - De la création de l’ordre dans l’humanité.djvu/385

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et de la plupart des modernes, existe en France presque tout formé : c’est le Ministère public. Nous n’entrerons dans aucun détail sur son origine, son histoire et ses attributions ; les livres ne manquent pas sur cette matière : il suffit d’indiquer la généralisation qui doit faire de lui le premier des pouvoirs constitués, et de montrer que son chef suprême est le roi.

La compétence du ministère public s’étend en matière civile, domaniale, commerciale, criminelle, forestière, électorale, administrative (Ortolan, du Ministère public) ; ajoutez encore, en matière agricole, industrielle, universitaire, scientifique, financière, maritime, etc. C’est toujours la même spécialité de fonction, consistant, non pas à opérer directement, mais à procurer l’action ; non pas à s’immiscer dans l’administration, l’enseignement, la justice, etc., mais à surveiller l’application des lois économiques, à requérir le travail, la diligence et la fidélité, et à poursuivre les infractions dans les mille organes du souverain.

565. Le pouvoir administratif (ou pouvoir exécutif, né du mouvement industriel, 550) est encyclopédique, puisqu’en réalité c’est lui qui produit tout ; — le pouvoir judiciaire est encyclopédique, puisqu’il prononce sur tout ; — le pouvoir universitaire est encyclopédique, puisqu’il enseigne tout ; — le pouvoir consulaire est aussi encyclopédique, puisque sa surveillance s’étend à tout : mais il jouit, de plus que les autres pouvoirs, d’une sorte d’action instigatrice, exhortative, objurgative et répressive, qui fait de lui le principe du mouvement, le gardien de l’ordre dans la société, l’âme du progrès.

Or, le roi est le chef du pouvoir consulaire, le procurateur général de la république : ses avocats généraux sont les membres du conseil d’État ; puis viennent les procureurs généraux près les hautes cours ; au-dessous paraissent les préfets et sous-préfets, recteurs, procureurs du roi, substituts, commissaires généraux de police, gardes généraux, etc. Toutes ces fonctions sont encore à déterminer et spécialiser, de même que celle du roi, qui les résume ; un plus grand nombre d’autres, analogues à celles-là, sont à créer ; enfin, l’ordre entier doit être centralisé et coordonné dans ses parties, d’après les données de la statistique, le caractère des habitants, la nature des produits, les traditions, coutumes, etc.

566. Ministres. Le conseil d’État est le conseil naturel du roi ; c’est dans les comités du conseil d’État, reconstitué d’après les principes de la science économique, que doivent être pris les assesseurs immédiats du procurateur général, et ses substituts près les hautes cours et les différents ministères. Mais alors que sont