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Après l’espace, le temps et le nombre, conditions formelles de l’aperception, vient la matière même de la connaissance, c’est-à-dire la substance, la cause et la série. Or, la cause suppose un substratum, une substance où elle réside et d’où elle s’élance ; la série résulte de l’action de la cause sur une substance divisible et différenciable : depuis longtemps on n’a rien laissé à dire sur ce sujet.

Je ne dirai plus qu’un mot sur l’ordre dans lequel j’ai fait suivre les trois manifestations de l’homme en société, savoir, le langage, le travail, et l’association. Il semble, au premier abord, que le langage et le travail soient plutôt des effets sociaux que des conditions de la société : en effet, l’homme ne travaille avec succès qu’en proportion du nombre de ses collaborateurs (division du travail) ; l’homme isolé ne parle pas. Mais comme il s’agit moins ici de l’agglomération des individus que de l’organisation même des citoyens, on trouve, en y regardant de plus près, que les hommes ont parlé longtemps avant d’avoir formé des sociétés régulières ; puis, que la science sociale, qui commence à peine de naître, résulte surtout des lois de la production, de l’économie. Ainsi l’association est donnée par la division du travail, qui suppose la communication des hommes entre eux par la parole.

Je laisse au lecteur intelligent le soin d’appliquer ces observations au reste du tableau.