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présente un premier terme ; ou bien, enfin, lorsque le point de vue et la raison sous lesquels on rassemble les unités sérielles sont multiples ; alors il se forme un tableau, une série composée de membres et d’organes, ayant des pieds, un centre, une tête ; il y a système.

À ce deuxième degré, les analogues de la série dialectique sont, dans les sciences naturelles, la figure des animaux, des plantes, et leur organisation ; dans les arts, une histoire, un poème, un tableau, une statue, un bas-relief, un édifice, un opéra.

Quelques exemples, en nous montrant comment se forme un système d’idées, nous révéleront les éléments de la synthèse métaphysique.

271. Voici, d’après Fourier, l’énumération des attributs essentiels de Dieu : on jugera, sur ces questions ardues, de la différence entre la méthode syllogislique et subjective, employée par les philosophes, et la méthode sérielle, expérimentale et objective, suivie par Fourier. Je conserve le langage et les signes adoptés par cet auteur dans ses formules.


attributs de dieu
. . . Radical.

Primaires.

— Pivotal.
{ 1. Direction intégrale du mouvement.
2. Économie de ressorts.
3. Justice distributive.
4. Universalité de providence.
Unité de système


272. Cette figure représente tout un système de théodicée. Sans entrer dans la critique des opinions de Fourier sur la Divinité, essayons de nous rendre compte de cette synthèse théologique, la plus belle, à mon avis, que l’on ait encore proposée.

Selon Fourier, Dieu est l’âme, la vie universelle, la force intime et partout répandue, qui, selon des lois mathématiques, agite, anime et meut tous les êtres. Ces lois, cette mathématique, comme dit Fourier, qui président aux opérations divines, sont comme l’intelligence pure et la pensée de Dieu. De cette conception ontologique et noologique de l’Être divin se déduit, par une transformation de termes, le système entier de ses attributs.

1. Dieu, force universelle, immanente, agissant selon la loi mathématique (savante, précise, directrice), 2. n’emploie de moyens et d’énergie que ce qui est rigoureusement nécessaire ; en sorte qu’il n’y a ni surabondance, ni déperdition, ni complication inutile. — 3. Cette économie de ressorts réclame une distribution