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soupçon d’artifice s’évanouit devant la justesse des distributions.

Ainsi, après avoir posé les mathématiques comme premier terme d’une grande division quaternaire, il fait voir que ce premier terme se sous-divise en quatre autres : arithmologie, géométrie, mécanique, uranologie ; puis, reprenant chacune de ces espèces, il en fait sortir un nouveau groupe quaternaire : par exemple ;


Arithmologie { Arithmographie ;
Analyse mathématique ;
Théorie des fonctions ;
Théorie des probabilités.


Toutes les sciences se coordonnent de la même manière avec une facilité et une précision merveilleuses : il faut lire dans l’ouvrage même les curieux détails dont l’Auteur accompagne chacune de ses opérations.

Ce qui surprend davantage encore, c’est que toute erreur commise dans le travail de classification se répare infailliblement d’elle-même par la force du principe adopté ; et que ce qui semblait devoir ébranler le système finit par en confirmer la certitude. J’ai fait moi-même cette expérience, dont le résultat ne m’a pas peu étonné.

Dans la distribution du premier règne, le seul sur lequel M. Ampère ait laissé des explications détaillées, il avait entremêlé Industrie, Agriculture, exploitation des Bestiaux et des Mines, et Chimie, Physique, Botanique, Zoologie. Il était évident que M. Ampère, à la considération objective des choses, joignait celle de l’avantage qu’elles nous procurent, et que non content d’étudier le quid dans les objets, il y ajoutait le quid lucri par rapport à l’homme : deux choses qui devaient être séparées. Je crus un moment que le système allait se briser entre mes mains ; mais quelle fut ma surprise, lorsque je vis les sciences industrielles et agricoles, que l’auteur avait entremêlées aux sciences physiques et naturelles, former entre elles un genre à part, lequel constituait avec ces dernières un quatrième terme et se soumettait comme elles à la loi de division et sous-division par quatre !

213. Mais ce à quoi M. Ampère eût été loin de s’attendre, c’eût été de voir que sa classification quaternaire pouvait se transcrire en une classification ternaire, avec une rigueur, une précision, une régularité égales. J’ai fait ce travail sur le système entier de M. Ampère, absolument comme si j’eusse transcrit notre arithmétique décimale en une arithmétique duodécimale. Cette expérience a achevé de me convaincre de la vérité du principe ci-dessus