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CROUTCHOV

Il s’est cloîtré dans son palais, farouche, la menace à la bouche, hanté de représailles ; la maladie lui permet à peine de marcher. On pense que sa fin est proche.


L’IMPOSTEUR

Ma générosité lui souhaite une prompte mort : malheur à lui, s’il continue à vivre ! Et toi, qui es-tu ?


KARÉLA

Je suis cosaque des bords du Don ; les armées libres, les cosaques du Don et leurs atamans m’ont donné mission de te voir, mon Tsar, de t’apporter leur hommage.


L’IMPOSTEUR

J’ai connu ces braves, et je ne m’étonne point de les voir se joindre aux rangs de mes armées. Tu remercieras tous tes frères du Don ; ils sont injustement persécutés, je le sais ; mais lorsque nous serons monté sur le trône de nos pères, nous comblerons de nos faveurs le Don fidèle et libre.

(Un poète approche ; il salue très bas en touchant l’habit de l’imposteur.)

LE POÈTE

Grand prince !