Page:Pouchkine - Boris Godounov, trad Baranoff, 1927.djvu/103

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


t’ai donné ce rendez-vous ici, non point pour écouter tes paroles tendres, les mots sont inutiles, je crois à ton amour. Mais écoute-moi : j’ai décidé d’unir ma destinée avec la tienne, incertaine et grosse d’orages. J’ai donc le droit, Dimitri, d’exiger de toi que tu m’ouvres franchement ton âme, afin que je connaisse tes desseins et tes appréhensions. Je pourrai ensuite prendre ta main et entrer dans le chemin de notre vie non point aveuglément, comme un petit enfant, non point en esclave docile à tes désirs, mais comme une digne épouse, compagne du tsar.


L’IMPOSTEUR

Oh ! laisse-moi oublier, même une heure, tous les soucis, toutes les peines de mon destin ! Oublie toi-même que je suis tsarewitch, ne vois en moi qu’un simple amant, qu’un seul regard de toi transporte de bonheur ! Laisse parler mon amour et mon cœur s’épancher !


MARINA

Ce n’est point l’heure, tsarewitch ! Tu tardes trop. L’ardeur de tes partisans se refroidit : les craintes et les dangers augmentent d’heure en heure : déjà des bruits douteux