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Page:Pontmartin - Nouveaux Samedis, 16e série, 1878.djvu/310

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NOUVEAUX SAMEDIS

« Il y a dans cette heure un dangereux silence, un calme qui permet à l’âme de s’ouvrir tout entière sans pouvoir retrouver la force de se maîtriser… »

Et concluez ! Dussé-je être lapidé par de bien jolies mains qui sont heureusement trop petites pour contenir de bien grosses pierres, je dirai toujours qu’Alfred de Musset n’est qu’un Byron en miniature ; les charmants coteaux de Bellevue et de Lascelles-Saint-Gloud en regard du Fol-horn ou de la Gemmi !

Oui, lord Byron fut un désespéré, mais non pas, à Dieu ne plaise, un réprouvé, et ceci me ramène à Xavier Aubryet, dont cette digression m’a éloigné beaucoup trop longtemps. Sous la plume de ce malade à qui l’on pardonnerait des excès de pessimisme et d’amertume, il y a quelque chose de touchant dans cette façon de nous représenter un Byron affectueux, sympathique, sensible, bien moins satanique qu’on ne le croit, tourmenté d’une nostalgie de dévouement et de tendresse, ne condamnant à » l’ironie ses facultés aimantes que faute d’en trouver l’emploi, comparable à ces végétations d’Orient dont le feuillage raide d’épines s’amollirait sous la rosée, ou mieux, à ces roches sauvages qui cachent sous leurs aspérités une source vive. Selon Xavier Aubryet, peu s’en faut que lord Byron n’ait été ce que Lamartine, dans sa célèbre Méditation, le conjurait de devenir…

… Viens reprendre ton rang dans ta splendeur première,