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de lui, comme un détail de quelque importance, qu’il avait un cheval de moulin qui s’appelait Bentham. Mais jetons un coup d’œil sur le Traité !

Ah ! — « Le plus ou moins de conceptibilité », dit très bien M. Mill, « ne doit être admis dans aucun cas comme criterium d’une vérité axiomatique. » Quel moderne jouissant de sa raison songerait à contester ce truisme ? La seule chose qui nous étonne, c’est que M. Mill ait pu s’imaginer qu’il était nécessaire d’appeler l’attention sur une vérité aussi simple. Mais tournons la page. Que lisons-nous ici ? — « Deux contradictoires ne peuvent être vraies en même temps — c’est-à-dire, ne peuvent coexister dans la réalité. » Ici M. Mill veut dire par exemple, qu’un arbre doit être ou bien un arbre, ou pas un arbre — c’est-à-dire, qu’il ne peut être en même temps un arbre et pas un arbre. Très bien, mais je lui demanderai pourquoi. Voici sa réponse, et il n’en veut pas donner d’autre : — « parce que, dit-il, il est impossible de concevoir que les

    dire Moulin, d’où le jeu de mot à l’adresse de Bentham, dont Mill était le disciple.