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hilo nihil fit » ; « un corps ne peut agir où il n’est pas » ; « il ne peut exister d’antipodes » ; « l’obscurité ne peut pas sortir de la lumière » — toutes ces propositions, et une douzaine d’autres semblables, primitivement admises sans hésitation comme des axiomes, furent regardées, à l’époque même dont je parle, comme insoutenables. Quelle absurdité donc, de persister à croire aux axiomes, comme à des bases infaillibles de vérité ! Mais d’après le témoignage même de leurs meilleurs raisonneurs, il est facile de démontrer la futilité, la vanité des axiomes en général. Quel fut le plus solide de leurs logiciens ? Voyons ! Je vais le demander à Pundit, et je reviens à la minute… Ah ! nous y voici ! Voilà un livre écrit il y a à peu près mille ans et dernièrement traduit de l’Inglitch — langue qui, soit dit en passant, semble avoir été le germe de l’amriccan. D’après Pundit, c’est sans contredit le plus habile ouvrage ancien sur la logique. L’auteur, (qui avait une grande réputation de son temps) est un certain Miller, ou Mill[1] ; et on raconte

  1. Le fameux John Stuart Mill, auteur d’un traité de Logique expérimentale. Le mot Mill en anglais veut