Page:Poe - Derniers Contes.djvu/63

Cette page a été validée par deux contributeurs.


parler. Rien à faire. Or quand on n’a rien à faire, c’est le cas de correspondre avec ses amis. Vous comprenez donc le double motif pour lequel je vous écris cette lettre : — mon ennui et vos péchés.

Ajustez vos lunettes et préparez-vous à vous ennuyer. J’ai l’intention de vous écrire ainsi chaque jour pendant cet odieux voyage.

Mon Dieu ! quand donc quelque nouvelle Invention germera-t-elle dans le péricrâne humain ? Serons-nous donc éternellement condamnés aux mille inconvénients du ballon ?

Personne ne trouvera donc un système de locomotion plus expéditif ? Ce train de petit trot est, à mon avis, une véritable torture. Sur ma parole, depuis que nous sommes partis, nous n’avons pas fait plus de cent milles à l’heure. Les oiseaux mêmes nous battent, quelques-uns au moins. Je vous assure qu’il n’y a là aucune exagération. Notre mouvement, sans doute, semble plus lent qu’il n’est réellement — et cela, parce que nous n’avons autour de nous aucun point de comparaison qui puisse nous faire juger de notre