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je l’avais traité ; car je découvris que les animaux-hommes étaient en général une nation de très puissants magiciens qui vivaient avec des vers dans leurs cervelles[1] ; ces vers, sans doute, servaient à stimuler par leurs tortillements et leurs frétillements les plus miraculeux efforts de l’imagination.

« Balivernes ! » dit le roi.

« Ces magiciens avaient apprivoisé plusieurs animaux de la plus singulière espèce ; par exemple, il y avait un énorme cheval dont les os étaient de fer, et le sang de l’eau bouillante. En guise d’avoine, il se nourrissait habituellement de pierres noires ; et cependant, en dépit d’un si dur régime, il était si fort et si rapide qu’il pouvait traîner un poids plus lourd que le plus grand temple de cette ville, et avec une vitesse surpassant celle du vol de la plupart des oiseaux[2]. »

« Sornettes ! » dit le roi.

  1. Les Entozoa ou vers intestinaux ont été souvent observés dans les muscles et la substance cérébrale de l’homme. — Voir la Physiologie de Wyratt, p. 143.
  2. Sur le grand railway de l’Ouest, entre Londres et Exeter, on atteint une vitesse de 71 milles à l’heure. Un train pesant 90 tonnes fit le trajet de Paddington à Didcot (53 milles) en 51 minutes.