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Qui chantait : Adieu, Adieu
À celle que vous avez aimée si longtemps.

Adieu, adieu, belle Inès,
Ce vaisseau jamais ne porta
Si belle dame sur son pont,
Ni ne dansa jamais si léger —
Hélas ! pour le plaisir de la mer
Et le chagrin du rivage !
Le sourire qui a ravi le cœur d’un amoureux
En a brisé bien d’autres !


La Maison hantée, du même auteur, est un des poèmes les plus véritablement poèmes, les plus exceptionnels, les plus profondément artistiques, tant pour le sujet que pour l’exécution. Il est puissamment idéal — imaginatif. Je regrette que sa longueur m’empêche de le citer ici. Qu’on me permette de donner à sa place le poème universellement goûté : le Pont des Soupirs.


Une plus infortunée,
Fatiguée de respirer,
Follement désespérée,
Est allée au devant de la mort !

Prenez-la tendrement,
Soulevez-la avec soin : —
Son enveloppe est si frêle,
Elle est jeune, et si belle !