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Les affections sont comme des pensées pour elle,
La mesure de ses heures ;
Ses sentiments ont la fragrance,
La fraîcheur des jeunes fleurs ;
Et d’aimables passions, souvent changeantes,
La remplissent si bien, qu’elle semble
Tour à tour leur propre image —
L’idole des années écoulées !

De sa brillante face un seul regard tracera
Un portrait sur la cervelle,
Et de sa voix dans les cœurs qui font écho
Un long retentissement doit demeurer ;
Mais le souvenir, tel que celui qui me reste d’elle,
Me la rend si chère,
Qu’à l’approche de la mort mon dernier soupir
Ne sera pas pour la vie, mais pour elle.

J’ai rempli cette coupe à celle qui est faite
De beauté seule,
Une femme de son gracieux sexe
L’évident parangon —
À elle ! Et s’il y avait sur terre
Un peu plus de pareils êtres,
Cette vie ne serait plus que poésie,
Et la lassitude un mot !


Ce fut le malheur de Mr Pinkney d’être né trop loin dans le sud. S’il avait été un Nouvel Englander, il est probable qu’il eût été mis au premier rang des lyriques américains par cette magnanime cabale qui a si longtemps tenu dans ses mains les destinées de la littérature américaine, en dirigeant ce qu’on appelle la North