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cun ne m’a plus fortement impressionné que celui qui est intitulé Juin. Je n’en cite qu’une partie :


Là, à travers les longues, longues heures d’été,
La lumière d’or s’épandrait,
Et des jeunes herbes drues et des groupes de fleurs
Se dresseraient dans leur beauté ;
Le loriot construirait son nid et dirait
Sa chanson d’amour, tout près de mon tombeau ;
Le nonchalant papillon
S’arrêterait là, et là on entendrait
La bonne ménagère abeille, et l’oiseau-mouche,

Et les cris joyeux à midi,
Qui viennent du village,
Ou les chansons des jeunes filles, sous la lune,
Mêlées d’un éclat de rire de fée !
Et dans la lumière du soir,
Les amoureux fiancés se promenant en vue
De mon humble monument !
Si mes vœux étaient comblés, la scène gracieuse qui m’entoure
Ne connaîtrait pas de plus triste vue ni de plus triste bruit.

Je sais, je sais que je ne verrais pas
Les glorieuses merveilles de la saison ;
Son éclat ne rayonnerait pas pour moi,
Ni sa fantastique musique ne s’épandrait ;
Mais si autour du lieu de mon sommeil

    critique sur ce poète, « excelle dans les petits poèmes moraux. En fait de versification, il n’est surpassé par personne en Amérique, sinon, peut-être, par M. Sprague… M. Bryant a du génie et un génie d’un caractère bien tranché ; s’il a été négligé par les écoles modernes, c’est qu’il a manqué des caractères uniquement extérieurs qui sont devenus le symbole de ces écoles. »