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devenir populaire, c’est l’exquise petite Sérénade que voici :


Je m’éveille de rêver de toi
Dans le premier doux sommeil de la nuit,
Lorsque les vents respirent tout bas,
Et que rayonnent les brillantes étoiles.
Je m’éveille de rêver de toi,
Et un esprit dans mes pieds
M’a conduit — qui sait comment ?
Vers la fenêtre de ta chambre, douce amie !

Les brises vagabondes se pâment
Sur ce sombre, ce silencieux courant ;
Les odeurs du champac s’évanouissent
Comme de douces pensées dans un rêve ;
La complainte du rossignol
Meurt sur son cœur,
Comme je dois mourir sur le tien,
Ô bien-aimée que tu es !

Oh ! soulève-moi du gazon !
Je meurs, je m’évanouis, je succombe !
Laisse ton amour en baisers pleuvoir
Sur mes lèvres et mes paupières pâles !
Ma joue est froide et blanche, hélas !
Mon cœur bat fort et vite ;
Oh ! presse-le encore une fois tout contre le tien,
Où il doit se briser enfin.


Ces vers ne sont peut-être familiers qu’à peu de lecteurs ; et cependant ce n’est pas moins qu’un poète comme Shelley qui les a écrits[1]. Tout le monde appré-

  1. Cette version est empruntée à la traduction que nous