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ment aucun de mes lecteurs ne peut ignorer quelles innombrables combinaisons on peut faire avec ces dix i. Et cependant, à moins d’un heureux accident, le correspondant qui recevra ce chiffre devra parcourir toutes les combinaisons avant d’arriver au vrai mot, et encore quand il les aura toutes écrites, sera-t-il singulièrement embarrassé pour choisir le vrai mot dans le grand nombre de ceux qui se présenteront dans le cours de son opération.

Pour obvier à cette extrême difficulté en faveur de ceux qui sont en possession de la clef, tout en la laissant entière pour ceux à qui le chiffre n’est pas destiné, il est nécessaire que les correspondants conviennent d’un certain ordre, selon lequel on devra lire les caractères qui représentent plus d’une lettre ; et celui qui écrit la cryptographie devra avoir cet ordre présent à l’esprit. On peut convenir, par exemple, que la première fois que l’i se présentera dans le chiffre, il représentera le caractère qui se trouve sous le premier i dans la phrase-clef, et la seconde fois, le second caractère correspondant au second i de la clef, etc., etc. Ainsi il faudra consi-