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cylindres, et l’autre restait entre leurs mains. S’ils avaient quelque communication à se faire, une lanière étroite de parchemin était enroulée autour de la scytale, de manière à ce que les bords de cette lanière fussent exactement accolés l’un à l’autre. Alors on écrivait sur le parchemin dans le sens de la longueur du cylindre, après quoi on déroulait la bande, et on l’expédiait. Si par hasard, le message était intercepté, la lettre restait inintelligible pour ceux qui l’avaient saisie. Si elle arrivait intacte à sa destination, le destinataire n’avait qu’à en envelopper le second cylindre pour déchiffrer l’écriture. Si ce mode si simple de cryptographie est parvenu jusqu’à nous, nous le devons probablement plutôt aux usages historiques qu’on en faisait qu’à toute autre cause. De semblables moyens de communication secrète ont dû être contemporains de l’invention des caractères d’écriture.

Il faut remarquer, en passant, que dans aucun des traités de Cryptographie venus à notre connaissance, nous n’avons rencontré, au sujet du chiffre de la scytale, aucune autre méthode de solution que celles qui peuvent également s’appliquer à tous