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bles ; il reste quelques traces de chaleur ; une légère teinte colore encore le centre des joues ; et si nous lui appliquons un miroir aux lèvres, nous pouvons découvrir une certaine action des poumons, action lourde, inégale et vacillante. D’autres fois, la crise dure des semaines entières, — même des mois ; et dans ce cas, l’examen le plus scrupuleux, les épreuves les plus rigoureuses des médecins ne peuvent arriver à établir quelque distinction sensible entre l’état du patient, et celui que nous considérons comme l’état de mort absolue. Ordinairement il n’échappe à l’ensevelissement prématuré, que grâce à ses amis qui savent qu’il est sujet à la catalepsie, grâce aux soupçons qui sont la suite de cette connaissance, et, par dessus tout, à l’absence sur sa personne de tout symptôme de décomposition. Les progrès de la maladie sont, heureusement, graduels. Les premières manifestations, quoique bien marquées, sont équivoques. Les accès deviennent successivement de plus en plus distincts et prolongés. C’est dans cette gradation qu’est la plus grande sécurité contre l’inhumation. L’infortuné, dont la