Page:Poe - Derniers Contes.djvu/201

Cette page a été validée par deux contributeurs.


recouvré ses premières forces. Son cœur de femme n’était pas de diamant ; et cette dernière leçon d’amour suffit pour l’attendrir. Elle en disposa en faveur de Bossuet. Elle ne retourna plus vers son mari, mais lui cacha sa résurrection, et s’enfuit avec son amant en Amérique. Vingt ans après, ils rentrèrent tous deux en France, dans la persuasion que le temps avait suffisamment altéré les traits de la dame, pour qu’elle ne fût plus reconnaissable à ses amis. Ils se trompaient ; car à la première rencontre monsieur Renelle reconnut sa femme et la réclama. Elle résista ; un tribunal la soutint dans sa résistance, et décida que les circonstances particulières jointes au long espace de temps écoulé, avaient annulé, non seulement au point de vue de l’équité, mais à celui de la légalité, les droits de son époux.

Le « Journal Chirurgical » de Leipsic — périodique de grande autorité et de grand mérite, que quelque éditeur américain devrait bien traduire et republier — rapporte dans un de ses derniers numéros un cas analogue vraiment terrible.

Un officier d’artillerie, d’une stature gi-