Page:Poe - Derniers Contes.djvu/181

Cette page a été validée par deux contributeurs.


serrés que moi. Je vais précisément copier une page de mon Livre-Journal ; ce qui m’épargnera la peine de trompeter mon propre éloge — pratique méprisable, dont un esprit élevé ne saurait se rendre coupable. Et puis, le Livre-Journal est une chose qui ne sait pas mentir.

1 janvier. Jour du nouvel an. Rencontre Brusque dans la rue — gris. Memorandum : — il fera l’affaire. Rencontre Bourru peu de temps après, soul comme un âne. Mem : Excellente affaire. Couché mes deux hommes sur mon grand livre, et ouvert un compte avec chacun d’eux.

2 janvier. — Vu Brusque à la Bourse, l’ai rejoint et lui ai marché sur l’orteil. Il est tombé sur moi à coups de poing et m’a terrassé. Merci, mon Dieu ! — Je me suis relevé. Quelque petite difficulté pour m’entendre avec Sac, mon attorney. Je faisais monter les dommages et intérêts à mille ; mais il dit que pour une simple bousculade, nous ne pouvons pas exiger plus de cinq cents. Mem : Il faudra se débarrasser de Sac : — pas le moindre système.

3 janvier. — Allé au théâtre, pour m’occuper de Bourru. Je l’ai vu assis dans une