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Aussitôt notre filou de copier les détails de l’avertissement, en changeant l’en-tête, la phraséologie générale, et l’adresse. Par exemple, l’original, long et verbeux, porte cet en-tête : « Un portefeuille perdu ! » et invite à déposer l’argent, quand on l’aura trouvé, au n° 1 de Tom Street.

La copie est brève ; elle porte en tête ce seul mot « perdu » et indique le n°2 ou le n°3 de Harry ou Dick Street, comme l’endroit où l’on peut voir le propriétaire. Cette copie est insérée au moins dans cinq ou six journaux du jour, de telle sorte qu’elle ne paraisse que peu d’heures après l’original. Dût-elle tomber sous les yeux de celui qui a perdu la bourse, c’est à peine s’il pourrait se douter qu’elle a quelque rapport avec son infortune. Mais naturellement, il y a cinq ou six chances contre une que celui qui l’aura trouvée se présente à l’adresse donnée par le filou plutôt qu’à celle du légitime propriétaire. Le filou paie la récompense, met l’argent dans sa poche et file.

Voici une filouterie qui a beaucoup d’analogie avec la précédente. Une dame du grand ton a laissé glisser dans la rue