Page:Poe - Derniers Contes.djvu/129

Cette page a été validée par deux contributeurs.


yeux et soupira. Grands Dieux ! — quel soupir ! Il pénétra jusqu’au fond de mon cœur. Et la chevelure — la laine ! Si j’avais pu rattraper cette laine, je l’aurais baignée de mes larmes en témoignage de regret. Mais hélas ! elle était maintenant bien loin. Comme elle pendillait au cordage de la cloche, je m’imaginai qu’elle était encore vivante. Je m’imaginai qu’elle allait mourir d’indignation. Ainsi l’happidandy Flos Aeris de Java porte, dit-on, une belle fleur, qui vit encore quand elle est déracinée. Les indigènes la suspendent avec une corde au plafond, et jouissent de son parfum des années entières.

Notre différend terminé, nous cherchâmes dans la chambre une ouverture qui nous permit de contempler la cité d’Edina. Il n’y avait pas de fenêtre. La seule lumière qui pénétrât dans ce réduit obscur venait d’une ouverture carrée ayant à peu près un pied de diamètre, et à une hauteur d’environ sept pieds au-dessus du plancher. Mais que ne peut réaliser l’énergie du véritable génie ? Je résolus d’atteindre à ce trou. Un énorme attirail de roues, de pignons, et autres machines à l’air ca-