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mencement du troisième volume de cet admirable et vénérable roman chinois, le Jo-go-Slow.

Dans ma promenade solitaire à travers la cité, j’avais deux humbles, mais fidèles compagnons, Diane, ma petite chienne ! la plus douce des créatures ! Elle avait une touffe de poils qui lui descendait sur un de ses yeux, et un ruban bleu était élégamment attaché autour de son cou. Diane n’avait pas plus de cinq pouces de haut, mais sa tête était presque à elle seule plus grosse que le reste de son corps, et sa queue coupée tout à fait court donnait à l’intéressant animal un air d’innocence outragée qui la faisait bien venir de tous.

Et Pompey, mon nègre ! — doux Pompey ! Pourrai-je t’oublier jamais ? J’avais pris le bras de Pompey. Il avait trois pieds de haut (j’aime mettre les points sur les i) et était âgé de soixante-dix ou peut-être quatre-vingts ans. Il avait les jambes cagneuses, et était obèse. Sa bouche n’était pas précisément petite, ni ses oreilles courtes. Ses dents toutefois ressemblaient à des perles, et ses grands yeux largement ouverts étaient délicieusement blancs.