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Ignoratio elenchi. Il a commis une ignoratio elenchi — c’est-à-dire : il a compris les mots de votre proposition, mais non l’idée. Vous voyez qu’il s’agit d’un imbécile, d’un pauvre diable à qui vous vous adressez tout en vous débattant avec votre os de poulet et qui n’a pas bien compris ce que vous lui disiez. Jetez-lui votre ignoratio elenchi à travers la figure, et d’un seul coup vous l’avez anéanti. S’il ose répliquer, vous pouvez lui citer du Lucain, l’endroit (le voici) où il parle de pures anemonæ verborum, de mots anémones. L’anémone, qui a un grand éclat, n’a pas d’odeur. Ou, s’il veut faire le rodomont, vous pouvez le pourfendre avec les Insomnia Jovis, les rêveries de Jupiter — mots que Silius Italicus (voici le passage) applique aux pensées pompeuses et enflées. Cette citation est infaillible et lui percera le cœur. Après cela il ne peut plus que tourner sur lui-même et mourir. Voulez-vous avoir la bonté d’écrire ?

» En grec, nous avons quelque chose d’assez joli — du Démosthène, par exemple — Ανηρ ο φευγων και παλιν μαχεσεται. Il y a une assez bonne traduction de cette phrase dans Hudibras :