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POÉSIES DE BURNS.

Lequel d’en bas appelait la Renommée
       Pour qu’elle l’aidât à monter
Au lieu élevé où maint nom de patriote
       Et de héros brillait.

CHANT SECOND.


Profondément pensif, et d’un œil ébahi,
Je regardais la belle aux traits célestes ;
Les battements de mon cœur témoignaient à voix basse
       D’une douce parenté,
Lorsque, d’un air de sœur aînée,
       Elle me complimenta.

« Salut, mon barde inspiré !
Regarde en moi ta Muse nationale !
Ne te plains plus que ton sort soit si dur,
       Si pauvre et si bas !
Je viens t’apporter une récompense
       Comme nous en donnons.

» Sache que le grand génie de cette terre
A maintes troupes légères, aériennes,
Qui, toutes sous son haut commandement,
       Harmonieusement,
Selon qu’elles entendent les arts ou les armes,
       S’appliquent au travail.

» Elles se partagent la race de l’Écosse ;
Les unes allument l’audace du soldat ;
D’autres excitent le patriote à mettre à nu
       Le cœur de la Corruption ;
D’autres enseignent au barde, soin chéri !
       L’art mélodieux.

» Parmi ces flots de song qui s’enflent et qui fument,
Elles répandent les esprits ardents, enflammés ;
Ou, au milieu des rugissements du sénat vénal,
       Invisibles, elles se tiennent
Pour amender l’honnête enseignement patriotique,
       Et donner de la grâce au geste.

» Et quand le barde ou le sage à tête blanche
Charment ou instruisent l’âge futur,
En comprimant l’élan de la fureur poétique,
       Elles en doublent l’énergie,
Ou indiquent la page peu concluante
       Pleinement à l’œil.