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servante de votre frère ; je lui ai donné rendez-vous pour souper, chacun notre écot, chez son camarade Sagarinus le Syrien. Nous avons tous les deux la même belle, nous sommes associés.

ÉPIGNOME. Bon, fais entrer ces femmes, et je t’abandonne cette journée.

STICHUS. Ne vous on prenez qu’à moi si je ne la mets pas en quatre. (Épignome rentre.) Je vais ma foi passer par le jardin pour entrer chez ma maîtresse et prendre mes arrangements pour la nuit ; par la même occasion je payerai mon écot et je dirai qu’on apprête à souper chez Sagarinus ; ou plutôt j’irai moi-même aux provisions. (Aux spectateurs.) N’ouvrez pas de grands yeux si de pauvres esclaves boivent, font l’amour, s’invitent à souper ; cela nous est permis dans Athènes. Mais j’y pense, pour ne pas me faire quelque dispute, il y a encore là derrière la maison une porte (car chez nous on se tient presque toujours sur le derrière) ; j’irai au marché par là et je rapporterai aussi par là les provisions en traversant le jardin : il y a une communication. (Aux esclaves.) Venez, suivez-moi par ici, car je gaspille ma journée.


SCÈNE II. — GÉLASIME, ÉPIGNOME.


GÉLASIME. J’ai regardé mes livres ; je suis assuré, autant qu’on peut l’être, d’avoir assez de saillies pour mettre le grappin sur mon roi. Je viens voir s’il est arrivé du port, je veux le charmer par mes bons mots dès son arrivée.

ÉPIGNOME, sortant. Eh ! voilà Gélasime, le parasite, qui vient de ce côté.

GÉLASIME. Je suis sorti de chez moi aujourd’hui sous les meilleurs auspices : une belette, à mes pieds, emportait une souris. Son étrenne était pour moi un présage : rien de plus clair. Elle trouvait sa vie, j’espère que j’en ferai autant ; c’est là ce qu’elle m’annonce… Mais c’est Épignome qui est là debout ; avançons et parlons-lui ; Épignome, que je suis donc heureux de vous revoir ! La joie me fait venir les larmes aux yeux. Votre santé a-t-elle toujours été bonne ?

ÉPIGNOME. On s’est assez bien soutenu.

GÉLASIME. Voilà une bonne et charmante parole. Puissent les dieux combler vos désirs ! Je vous souhaite la bienvenue à pleins poumons. Vous souperez chez moi, puisque vous voilà arrivé sain et sauf.