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NOTICE SUR STICHUS.



Le sujet de Stichus n’est pas moins moral que celui de la comédie qu’on vient de lire : c’est le panégyrique de la foi conjugale. L’exposition nous montre deux sœurs, mariées toutes deux et abandonnées toutes deux de leurs maris, qui, après s’être ruinés, sont partis pour des contrées lointaines, dans l’espoir de rétablir leur fortune. Cette absence, qui dure déjà depuis trois années, sans quelles aient jamais reçu aucune nouvelle, les autorise à faire divorce, et leur père, homme dur et intéressé veut les y contraindre. L’une résiste avec fermeté et veut rester fidèle à celui qui lui a été donné pour époux ; l’autre hésite et, sans les encouragements de sa sœur, n’oserait tenir tête à l’autorité paternelle : de là un charmant contraste. Cette première scène laisse une impression bienfaisante : nous voilà enfin dans une honnête famille, en compagnie d’honnêtes femmes, car toutes celles que nous voyons défiler devant nous, même les plus pures, sont dans un milieu de corruption et de vice.

Mais quelle faiblesse dans l’intrigue, ou plutôt quelle complète absence d’intrigue ! Le père paraît ; il parle encore de divorce, mais c’est pour éprouver ses filles : il aimerait mieux sans doute leur voir quitter la maison conjugale pour prendre de riches maris, mais il ne songe guère à les y contraindre. Puis nos absents reviennent au moment où on les attend le moins ; ils trouvent tout dans l’ordre, des femmes patientes et dévouées, joyeuses de leur retour, une maison sagement conduite, un beau-père que la nouvelle de leur