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LYCUS. Après ?

UN TÉMOIN. Il entre en conversation avec nous. Il est étranger, dit-il, et ne connaît pas la ville. Il voudrait trouver un endroit où l’on ait les coudées franches pour prendre du bon temps. Nous te l’amenons donc. Si les dieux te protégent, voici l’occasion de faire une bonne affaire.

LYCUS. Ah ! le cœur lui en dit ?

UN TÉMOIN. Il a de l’or.

LYCUS, à part. C’est du butin tout trouvé.

UN TÉMOIN. Il veut boire, faire l’amour.

LYCUS. Il aura ses aises.

UN TÉMOIN. Mais il veut être ici secrètement, sans qu’on sache rien, sans qu’on l’observe : il a été soldat à Sparte, à ce qu’il nous a dit, et au service du roi Attale. Il s’est sauvé à la prise de la ville.

COLLYBISCUS, à part. Le militaire est joli, et Sparte ravissant.

LYCUS. Que les dieux et les déesses vous comblent de faveurs pour vos bons avis et pour l’aubaine que vous me procurez !

UN TÉMOIN. Bien mieux, il nous a dit lui-même, fais encore plus attention, qu’il porte dans son escarcelle trois cents philippes.

LYCUS. Si je l’attire chez moi, un roi ne serait pas mon cousin.

UN TÉMOIN. Eh ! il est tout à toi.

LYCUS. Je vous en prie, par Hercule, engagez-le à descendre chez moi ; un gîte excellent.

UN TÉMOIN. Il ne nous sied ni de le conseiller ni de le déconseiller, c’est un étranger ; à toi, si tu as du nez, de faire ton affaire. Nous t’amenons le pigeon à l’entrée du filet : tu feras bien de le prendre, si tu veux le tenir.

LYCUS. Partez, alors.

COLLYBISCUS, aux témoins. Eh bien, étrangers, et ce que je vous ai demandé ?

UN TÉMOIN. Causez avec lui de votre affaire, mon brave ; pour ce que vous cherchez, c’est l’homme qu’il vous faut.

COLLYBISCUS. Je désire que vous voyiez quand je lui remettrai l’or.

UN TÉMOIN. Nous verrons cela d’ici près.

COLLYBISCUS, aux témoins. J’ai bien des remerciements à vous faire. (Les témoins se retirent à l’écart.)