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60 MÉNEXÈNE

va de 4Ô7 à 43 1, il jette un voile sur les échecs subis par la ■cité 1 . Évoquant la guerre d'Archidamos (242 c), il passe

  • ous silence le soulèvement des villes de Thrace et de Ghalci-

dique, et la prise d'Amphipolis par Brasidas. S'il fait allu- sion, un peu plus loin (2 A4 b-c),aux désastreuses conditions de la paix de 4o4, il est muet, quand il la mentionne (243 d), sur l'humiliation infligée à Athènes 2 . Pas un mot ne rappelle les excès commis par les Trente (243 e) : mesures de bannis- sement, spoliations, massacres.

Ces omis sions volontaires peuvent trouver leur excuse, en dehors des habitudes imposées par la tradition, dans les lois mêmes de Yéloge. Mais voici qui est plus grave. D'un bout à l'autre de cet exposé historique, on sentie parti pris de tour- ner à la gloire d'Athènes toutes les démarches de sa politique. Tout y est dominé par cette idée — lieu commun, on l'a vu, de l'oraison funèbre — qu'elle n'a jamais eu d'autre loi que l'amour de la liberté et le généreux appui donné aux faibles 3 . L'accusation portée par Darius contre Athènes et Ërétrie est qualifiée de prétexte (240 a Trc&cpacj'.Çdjxsvo;) 4 . Toute la gloire des guerres médiques est réservée à Athènes. L'orateur ne parle point des Thermopyles ; il laisse entendre que les Athé- niens ont remporté à eux seuls les victoires d'Artémision et de Sala mine 3 . La bataille de Platées est donnée (241 c) comme un triomphe commun aux Athéniens et aux Lacédémoniens 6 .

1. Vaine expédition entreprise contre Pharsale, en 454* de concert avec la Béotie et la Phocide, pour rétablir Oreste, roi de Thessalie (Thucyd., I, m); désastre essuyé en 44o par Tolmidès près de Goro née (Thucyd., I, n3); soulèvement de l'Eubée en 446; mas- sacre de la plupart des Athéniens résidant à Mégare et ravage de la plaine de Thria par les Péloponnésiens (fd. I, n4)-

2. Il se borne à dire: « La tranquillité étant revenue, et la paix faite avec les autres ».

3. Cf. Thucydide, II, 4o.

4. Vingt trières athéniennes et cinq vaisseaux d'Erétrie avaient cependant participé à l'expédition contre Sardes, à la prise et à l'in- cendie de la ville (Hérodote, V, 99-103).

5. Suivant Hérodote (VIII, 1, 2) la flotte grecque d'Artémision, forte de 271 vaisseaux, ne comptait que 127 navires athéniens; à Salamine, les Grecs avaient réuni 198 vaisseaux auprès des 180 bâti- ments fournis par Athènes (îd., VIII, 44-48).

6. En fait Athènes n'avait mis en ligne que 8 000 hommes sur les 38 700 hoplites (Hérodote, IX, 28, 29) qui formaient le gros de

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