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NOTICE 5 9

Que le plan suivi dans le Mènexène repro- Le plan du discours duise un ordre traditionnel, c'est ce et les I e/vai ,,

pTTopixa-. c l ue mont rent, a autre part, les traites

de rhétorique, par exemple le YLec\ àmSctxttxôv de Ménandre *. Lïêpitaphios comprend deux par- ties essentielles : V éloge et la consolation. Dans l'énumération des thèmes qui doivent former l'éloge, figurent en particu- lier la glorification de la race, de V éducation, et des actes 2 . Mais nulle part ce plan n'est observé aussi scrupuleusement, ni développé de façon aussi complète que dans le Mènexène. Ailleurs certains thèmes sont omis, ou sommairement énon- cés : ici, ils sont tous traités l'un après l'autre, et l'orateur, l'œil fixé sur la tradition, s'attache visiblement, en fidèle disciple des rhéteurs, à n'en négliger aucun.

_,,_ )lllll De même, la méthode suivie dans Yèloqe

L'éloge d'Athènes. , .,, , ,, 9

du Menexene montre que 1 auteur se

conforme à une convention établie, en faisant servir à la glo- rification d'Athènes tout ce qui lui est fourni par la légende et par l'histoire. Systématiquement, il efface les ombres de ce brillant tableau. Quand il parle (241 e) de l'expédition contre l'Egypte, il se garde bien 3 de rappeler le désastre qui la ter-r mina*. Lorsqu'il fait voir (242 a) Athènes engagée malgré elle, après les guerres médiques, dans une lutte contre les autres États grecs, il oublie les conflits déjà provoqués par l'extension de la puissance athénienne 5 . Dans la période qui

1. Rhetores graeci (éd. Spengel), vol. III, p. 4i8 sq.

>.. Hypéride nous donne la preuve que ce plan traditionnel s'im- posait, en quelque sorte, aux orateurs de discours funèbres : il s'excuse de passer rapidement sur le motif de Yautochtonie et sur celui de Y éducation.

3. Wendland, o. /., p. 189.

'4. Thucydide, I, io4, 109, 110. En 455, les Athéniens restés en Egypte furent attaqués par les troupes de Mégabyze, chassés de Mem- phis, et finalement faits prisonniers, après avoir été bloqués dix-huit mois dans file !e Prosopitis. Au printemps de (\b(x, cinquante trières athéniennes et alliées, ayant abordé à la bouche Mendésienne, furent anéanties pour la plupart.

5. En 45g, Athènes, alliée contre Sparte avec Argos et Mégare, avait débarqué en Argolide des troupes qui furent battues par les Corinthiens et les Epidauriens. En 458, elle défit une flotte péloponné tienne et assiégea Égine (Thucydide, I, io5).

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