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Socrate. — Tu en jugeras, Criton, si tu veux m'écouter. Après les résultats précédents, nous recommençâmes de nou- veau notre examen à peu près comme ceci : « Voyons, cet art royal qui commande à tout, produit-il ou non pour nous e quelque résultat ! ? — Sans aucun doute, nous dîmes-nous l'un à l'autre. » Et toi, ne le dirais-tu pas, Criton ?

Criton. — Oui.

Socrate. — Quel résultat lui attribuerais-tu donc ? Par exemple, si je te demandais : « La médecine, dirigeant tout ce qui lui est soumis, quel résultat offre-t-elle ? » Ne dirais- tu pas : la santé ?

Criton. — Oui.

Socrate. — Et votre art, l'agriculture 2 , quand il dirige

292 a tout dans son domaine, quel résultat produit-il ? Ne serait-

ce pas, selon toi, la nourriture qu'il nous procure, en la tirant de la terre ?

Criton. — Oui.

Socrate. — Et l'art royal, commandant à tout dans son domaine, que produit-il ? Peut-être es-tu un peu embar- rassé pour le dire ?

Criton. — Oui, par Zeus ! Socrate.

Socrate. — Nous aussi, nous l'étions, Criton. Mais tu sais du moins que, s'il est l'art recherché par nous, il doit être utile.

Criton. — Parfaitement.

Socrate. — Il doit donc nous procurer quelque bien ?

Criton. — Nécessairement, Socrate. b Socrate. — Or le bien, nous en étions tombés d'accord, Clinias et moi, n'es f autre chose qu'une science 3 .

Criton. — Oui, c'est là ce que tu disais.

Socrate. — Donc, tous les effets qu'on pourrait attribuer à la politique — et il y en aurait plus d'un, j'imagine,

i. Le contexte montre que -i est indéfini, et non interrogatif. On a objecté que Platon aurait dû écrire en ce cas Ipyov Tt. Mais on trouve, et chez Platon lui-même, d'autres cas où -'., quoique encli- tique, est ainsi placé avant le mot (substantif ou adjectif) sur lequel il retombe et séparé de lui par plusieurs autres mots. Ex. Banquet 174 e.

1. Il ressort de ce texte que Criton possédait et exploitait un domaine. Plus loin Socrate parle de lui comme d'un homme d'affaires (3o4c).

3. Voir 281 d e.

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