Page:Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome V, 1.djvu/212

Cette page n’a pas encore été corrigée


277a EUTHYDÈME i5a

est vrai que tu les saches toutes? » Il en convint encore. « Eh bien, dit l'autre, n'apprends-tu pas, toi, ce qu'on récite, et est-ce celui qui ne sait pas les lettres qui apprend? » — « Non, dit-il, c'est moi qui apprends J . » — « Tu apprends

b donc, dit-il, ce que tu sais, s'il est vrai que tu saches toutes les lettres? » 11 le reconnut. « Tu n'as donc pas bien répondu », dit l'autre.

Euthydème n'avait pas achevé que Dionysodore, rattrapant la parole comme une balle, prenait encore le jeune garçon pour cible : « Euthydème, dit-il, te trompe, Clinias. Dis- moi en effet. Apprendre, n'est-ce pas acquérir le savoir de ce qu'on apprend ? » Clinias le reconnut. « Et savoir, dit l'autre, n'est- ce pas posséder déjà un savoir ? » Il le lui accorda, « Par

c conséquent, ne pas savoir, c'est ne pas encore posséder de savoir? » Il en convint. « Ceux qui font une acquisition quelconque sont-ils ceux qui possèdent déjà, ou ceux qui ne possèdent pas .*> — Ceux qui ne possèdent pas. — Tu es donc d'accord pour ranger ceux qui ne savent pas au nombre de ces derniers, je veux dire de ceux qui ne possèdent pas ? » Il fit un signe d'assentiment. « C'est donc parmi ceux qui acquièrent que se rangent ceux qui apprennent, et non parmi ceux qui possèdent? » 11 approuva, a Alors, dit-il, ce sont ceux qui ne savent pas qui apprennent, Clinias, et non ceux qui savent. »

d De nouveau Euthydème, pour terrasser

ntervention j jeune homme, le provoquait comme de Socrate. J . ., l , ^

a un troisième corps a corps 2 . Et moi,

voyant notre garçon en train de couler, je voulus lui donner du répit, de peur qu'il ne perdit courage. Pour le rassurer, je lui dis : « Ne t'étonne pas, Clinias, si ces façons d'argu-

i. Clinias prend le mot txavôavstv au sens habituel (apprendre) ; Euthydème (comme l'expliquera Socrale 278 a), au sens plus rare de comprendre. A Clinias disant : « On apprend ce qu'on ne sait pas », Euthydème réplique : « On comprend ce que l'on sait. » Sur quoi, Dionysodore, rendant à ;j.av8àvstv sa valeur habituelle, va démon- trer : « Ce sont ceux qui ne savent pas qui apprennent, et non ceux qui savent déjà. »

a. La discussion est assimilée à une lui te véritable (7taXr ( ), où, pour être proclamé vainqueur, l'athlète devait avoir terrassé -(/.a- a- 6aXXe:v) trois fois l'adversaire.

�� �