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i36 EUTHYDÈME

temps aux disputes? Ils font semblant de chercher la vérité, mais tout aussitôt ils essaient de mentir... Ils en sont venus à ce degré d'impudence qu'ils tentent de persuader aux jeunes gens qu'ils sauront en les fréquentant ce qu'il convient de faire, et grâce à cette science trouveront le bonheur... », etc.

Il est vrai que la phrase présentée par Platon comme une citation presque littérale (3o4 c) ' ne se retrouve pas dans l'œuvre d'Isocrate. Mais elle pouvait se lire soit dans un écrit aujourd'hui perdu 2 , soit dans un passage disparu d'un des écrits conservés, notamment à la fin du discours Contre les sophistes*, que l'on s'accorde généralement à tenir pour mutilé*. Il se peut encore que Platon reproduise une décla- ration orale de son adversaire.

Que le portrait de l'inconnu paisse s'appliquer à Isocrate, ce n'est sans doute pas une preuve que ce dernier y soit effectivement visé. Cette identification est pourtant la plus vraisemblable de toutes celles qui ont été proposées : elle ne soulève aucune des objections qu'on peut faire aux autres, et en dehors de YEuthydème elle paraît confirmée par de nom- breux indices.

Si nous manquons de témoignages sur

. Platoj, l es rapports personnels de Platon et

d'Isocrate % il est certain qu'entre leurs

doctrines existait une opposition fondamentale : leurs écrits

i . Il est douteux que les mots toiç ovouaai dont se sert Platon (3o4 e) s'appliquent au style, comme l'a soutenu P. Shorey (Class. Philology, 1922, p. 261-2), au lieu d'annoncer une citation littérale. Isocrate se sert à plusieurs reprises du mot Xqperv (cf. Euthyd., 3o4 e Xr,pouv-ca>v) pour des discoureurs qu'il méprise; p. ex. Panath., 235 a.

2. Denys d'Halicarnasse attribuait à Isocrate 25 discours, Céci- lius 28, et il ne nous en reste que 21 (Pseudo-Plutarque, 838 d).

3. Raeder, o, t., p. i45 ; hypothèse déjà avancée par Dummler, Kleine Schriften, I, 128.

4. Wilamowitz le conteste pourtant. 0. /., p. 112, après Hagcn; et Ritter (Platon, sein Leben, seine Schriften, seine Lehre, I, p. 21 3 et suiv.) rejette l'hypothèse avec un dédain ironique.

5. Le seul que nous trouvions chez les anciens est fourni par Dio- gène de Laërte : il affirme (III, 8) que les deux hommes étaient unis d'amitié ; Praxiphane, ajoute-t-il, a consigné l'entretien sur les

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