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abouti à cette conclusion qu'il faut rechercher la sagesse (ou le savoir) : oiXoco^rj-reov. Or, la ziloGoylz est l'acquisition d'une science. D'après ce qui a été dit, la science doit être utile, donc capable à la fois de produire (iroteïv) et d'utiliser ce qu'elle produit. Différents arts sont passés en revue, mais aucun ne répond aux conditions demandées. Par exemple, l'art de fabriquer des lyres (Xucotto'.ixt,) est distinct de l'art de s'en servir ; de même l'art de faire des discours. S 'arrêtera- t-on à celui du général (tj GTpa-nrjvixTJ te/vt)) ? Mais Glinias observe que cet art, qui rentre dans celui de la chasse (ÔYjpguTixTj), ne satisfait pas non plus aux conditions requises. Le général qui a pris une ville ou une armée la remet aux hommes d'État, pour qu'ils tirent parti de sa capture : il ne sait lui-même uti- liser ce qu'il a produit.

Ici le récit de Socrate est interrompu par Criton. Est-ce bien Glinias qui a développé de pareilles considérations ? En ce cas, il fait preuve d'une maturité d'esprit qui rend inutile la tâche de ses éducateurs.

Socrate avoue que l'enquête n'a pas abouti. Glinias et lui ont cru découvrir l'art qu'il cherchaient dans la politique ou art royal ((JaaiXtxr, ~tyy*\)- Mais cet art, que produit-il ? Ce doit être un bien, s'il est utile ; comme on l'a vu, ce bien ne peut être qu'une science, et cette science doit rendre les hom- mes sages et bons. Mais quelle est-elle ? En quoi rendra-t-elle les hommes bons et utiles ? Dans sa détresse, Socrate invoque les deux étrangers et les appelle à l'aide (288 d-2o3 a).

Troisième entrée en scène des sophistes. Une nouvelle dis- cussion s'engage, plus étendue encore que la seconde. Euthy- dème et Dionysodore la conduisent à tour de rôle contre Socrate et Ctésippe. Elle n'aboutit pas plus que les précé- dentes. Les sophistes déploient leur virtuosité, mais Ctésippe et Socrate, passant à l'attaque, empruntent à leurs adver- saires leurs propres procédés pour les battre (293 a-3o3 a).

Socrate prend alors la parole pour dégager du débat une conclusion d'ensemble. La méthode de discussion employée par les deux sophistes ne peut avoir de valeur que pour eux et leurs disciples ; ils se réfutent eux-mêmes, et le premier venu peut en quelques instants s'approprier leur science, comme l'a prouvé l'exemple de Ctésippe. Qu'ils se bornent donc à discuter entre eux et avec leurs élèves ! (3o3 b- 3o4 b).

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