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grande œuvre que, les batailles livrées plus tard, les Grecs osèrent les risquer pour leur salut, à l'école des hommes de Marathon.

Le premier prix, c'est donc à ceux-là que

r mision notre discours doit l'attribuer ; le se-

«., et oalamme. 1 . . . ...

241a cond, aux vainqueurs des batailles

navales de Salamine et d'Artémision. De ces hommes on aurait bien des exploits à conter, et les assauts qu'ils sou- tinrent sur terre et sur mer, et la défense qu'ils y oppo- sèrent ; mais ce qui, chez eux aussi, me paraît être le plus beau titre de gloire, je le rappellerai en disant qu'ils ont para- chevé l'œuvre de Marathon. Ceux de Marathon s'étaient bornés à faire voir aux Grecs que sur terre il était possible

b avec une poignée d'hommes de repousser une foule de Bar- bares ; mais avec des navires, on ne savait encore ; les Perses passaient pour être invincibles sur mer par le nombre, la richesse, la science et la vigueur. Voici donc ce qu'il faut louer dans les hommes qui combattirent alors sur mer : c'est d'avoir dissipé cette seconde crainte des Grecs, et mis fin à l'effroi que leur inspirait la multitude des vaisseaux et des hommes. Il en résulte donc que les uns et les autres,

c soldats de Marathon et marins de Salamine, firent l'édu- cation des autres Grecs : sur terre et sur mer, ils leur apprirent et les habituèrent à ne pas redouter les Barbares.

« Le troisième, pour le nombre et la valeur , des exploits qui assurèrent le salut de la Grèce fut, je le déclare, celui de Platées, commun cette fois aux Lacédémoniens et aux Athéniens. Le péril le plus grand et le plus redoutable, à eux tous ils le repoussèrent, et c'est cette vaillance qui aujourd'hui leur vaut nos éloges comme elle leur vaudra dans l'avenir ceux de la d postérité. Mais ensuite, bien des cités grecques restaient encore aux côtés du Barbare, et l'on annonçait que le Grand Roi lui-même méditait une nouvelle entreprise contre

i. À Platées, la disproportion du nombre était moins marquée qu'à Marathon et Salamine entre les Grecs et les Barbares ; par suite, le mérite des Grecs fut moins grand. Suivant Hérodote, IX, 3o, 3a, il y avait à Platées cent dix mille Grecs contre l'armée ennemie, forte de trois cent cinquante mille hommes.

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