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8a MÉNEXÈNE

à une autre hypothèse : celle qui tient le Mènexène pour directement imité de Gorgias 1 . Il est beaucoup plus probable que Platon, sans s'interdire des allusions ou des réminiscences particulières, a surtout cherché à reproduire, pour donner à sa critique toute la portée possible, l'esprit et les procédés de Yépilaphios en général 2 .

Le Mènexène n'est pas antérieur à 387, Afénelène" puisqu'il y est parlé de la paix d'Antal-

cidas 3 . Il ne doit pas avoir été écrit longtemps après, car il ne fait aucune allusion aux événements qui suivirent 4 . Il faut donc en placer la date vers 386 3 .

quer que la manière de Gorgias était alors devenue dominante. Cf. Raeder, 0. L, p. 127.

1. A en croire Dûmmler (0. /., p. 2^) Platon a en vue Yépila- phios prononcé par Gorgias en 3g 1. D'après Berndt, c'est aussi Gorgias qu'il faut chercher derrière le nom d'Aspasie, et c'est lui que Platon a imité, sans songer d'ailleurs à un discours déterminé (0. /.. p. i5 sq.). Quand il prétend avoir failli recevoir des coups d'Aspasie, Socrate, dit-il, fait allusion aux procédés en usage dans l'école de Gorgias (p. 23). Platon feint d'avoir abandonné la philo- sophie pour l'enseignement du célèbre sophiste.

2. On ne sait quel sens attribuer à la mention d'Archinos et de Dion (234 b). Archinos est l'homme d'Etat qui, aux côtés de Thra- sybule, lutta contre les Trente en 4o3, et après le rétablissement de la démocratie, contribua énergiquement à la réconciliation des par- tis. Mais, après cette date, sa carrière ne nous est plus connue. On ignore tout de Dion, qu'il faut peut-être identifier avec l'Athénien de ce nom, député avec Gonon auprès de Tiribaze en 392 (Xénophon, Hell., IV, 8, i3). L'affirmation de Denys d'Halicarnasse (o. L, a3) que Platon donne son discours (wç 81 aùxo'ç <pr,atv) comme imité d'Ar- chinos et de Dion, est fantaisiste. Toutefois x\.rchinos avait composé une oraison funèbre, et Krùger a supposé que le Mènexène est dirigé contre elle. Hôlterman pense (o. I., p. 98) que Platon vise un épita- phios écrit par L)sias pour Archinos ou Dion, en 387.

3. Il est donc impossible de le tenir avec Dûmmler (0. i., p. 21) comme composé peu après 3g 1 ou 3go.

4. Raeder, o. /., p. 125. Raeder tire aussi cette conclusion (p. 66) du caractère des anachronismes qui se relèvent dans le dialogue- Wendland (0. /.. p. 192) place le Ménexhne entre 387 (ou 385) et 38o.

5. En 386 suivant Wilamowitz (o. /., p. 127); de même Sha- wyer, o. I. , p. vi; vers 387, d'après Hôltermann (o. /., p. 10 1) et Hoffmann, p. 3a8 ; en 387 ou 386, selon Trendelenburg (0, L, p. 6).

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