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dans mes incertitudes, aux opinions de Protagoras. Néanmoins je ne puis croire qu’il en soit tout-à-fait ainsi[1].

SOCRATE.

Quoi donc, en es-tu venu quelquefois à croire que nul homme n’est tout-à-fait méchant ?

HERMOGÈNE.

Non, par Jupiter ; souvent, au contraire, j’ai été dans le cas de trouver des hommes tout-à-fait méchants ; et j’en ai trouvé un bon nombre.

SOCRATE.

Et n’en as-tu pas vu qui t’aient semblé tout-à-fait bons ?

HERMOGÈNE.

Pour ceux-là, bien peu.

SOCRATE.

Mais tu en as vu ?

HERMOGÈNE.

J’en conviens.

SOCRATE.

Et comment l’en tends-tu ? N’est-ce pas que ces derniers étaient tout-à-fait raisonnables, et que les hommes tout-à-fait méchants étaient tout-à-fait insensés ?

  1. Schleiermacher fait remarquer la répétition de cette locution tout-à-fait, qui revient toutes les fois que la discussion a trait à Protagoras. On suppose que c’était une locution familière à ce sophiste.